En France, l'accès aux études de médecine après le bac s’organise autour de deux voies principales, avec des exigences et des sélections strictes. Comprendre chaque étape, depuis le choix de la filière en terminale, les options disponibles au moment de l’inscription dans l’enseignement supérieur, jusqu’aux stratégies de préparation, est essentiel pour maximiser ses chances de réussite. Les chiffres-clés, les taux de réussite, ainsi que l’évolution récente du système d’admission post-bac permettent de mieux cerner les exigences du parcours médical. Voici les grands aspects à connaître pour entamer une formation médicale après le lycée :
  • Choisir principalement la filière générale avec les spécialités scientifiques au lycée
  • Opter entre deux parcours en première année : PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) ou L.AS (Licence avec Option Accès Santé)
  • Maîtriser le fonctionnement de la sélection en fin de première année
  • Comprendre la réforme de l’accès aux études de santé et la disparition de la PACES
  • Connaître les taux de réussite et la nécessité d’une préparation intensive
  • Prévoir les démarches administratives sur Parcoursup et respecter les calendriers
  • Anticiper les débouchés et les exigences personnelles du parcours médical

Le choix du lycée : filières et spécialités pour maximiser ses chances

Le chemin vers la faculté de médecine débute dès l’orientation au lycée. Si l’accès aux études médicales après le baccalauréat n’exige aucun profil particulier, certaines spécialités scientifiques renforcent nettement la préparation à la première année.

  • Baccalauréat général : la quasi-totalité des étudiants en médecine choisissent cette filière, notamment avec les spécialités Mathématiques, Physique-Chimie, Sciences de la Vie et de la Terre (SVT). Ces disciplines permettent de construire une solide culture scientifique, indispensable pour affronter le programme universitaire médical exigeant.
  • Autres voies : Le baccalauréat technologique (ST2S notamment) ou professionnel n’empêche pas l’accès, mais très peu d’élèves issus de ces formations parviennent à intégrer avec succès la première année de médecine, notamment en raison d’un manque d’adaptation au niveau scientifique requis.
  • En chiffres : Selon le Ministère de l'Enseignement supérieur (Source : MESRI, 2023), 95% des admis en première année de médecine sont titulaires d’un baccalauréat général avec une spécialité scientifique majeure.

Comprendre les deux principales voies d'accès en post-bac : PASS et L.AS

Depuis la rentrée universitaire 2020, la PACES a été remplacée par deux parcours distincts, afin d’offrir davantage de souplesse et limiter le recours à une année unique de sélection.

Le PASS : Parcours Accès Spécifique Santé

Le PASS est une licence scientifique spécifique à la santé, à laquelle s’ajoute une mineure obligatoire dans une autre discipline (par exemple : droit, psychologie, sciences sociales). Ce parcours privilégie l’immersion dans les sciences médicales avec des enseignements en biologie, chimie, physiologie, anatomie, ainsi que des bases en médecine. La mineure permet, en cas d’échec, de se réorienter plus facilement vers une autre filière universitaire.

  • Organisation : Cours magistraux, travaux dirigés, contrôle continu, et examens terminaux.
  • Sélection : Les meilleurs étudiants, selon le classement, accèdent directement en deuxième année de médecine. D’autres peuvent être autorisés à repasser une candidature après validation de la licence mineure. Les redoublements ne sont plus possibles en PASS.

La L.AS : Licence avec Option Accès Santé

La L.AS consiste à suivre une licence classique (sciences, droit, psychologie, lettres, etc.), enrichie d’une option « Accès Santé » à valider en parallèle. Ce dispositif s’adresse aux étudiants désireux d’assurer une double compétence ou d’ouvrir leurs perspectives au cas où la sélection en médecine ne serait pas franchie.

  • Choix de la licence : Ouverte théoriquement à toutes les mentions de licence, en pratique, les profils scientifiques restent majoritaires dans ce parcours (Source : etudiant.gouv.fr).
  • Modalités : L’admission en deuxième année de médecine dépend à la fois des résultats obtenus dans la licence principale et de la réussite à l’option santé. Un nombre limité de tentatives est autorisé (généralement deux).
  • Réorientation facilitée : En cas d’échec, l’étudiant poursuit naturellement son cursus universitaire en licence.

Inscription sur Parcoursup : attention aux choix et aux dates

L’accès aux études de santé dépend d’un parcours rigoureusement encadré par la plateforme Parcoursup, qui centralise les candidatures post-bac. Voici les points essentiels à retenir :

  • Formulation des vœux : Il est indispensable de candidater à la fois en PASS et en L.AS dans plusieurs universités, afin d'optimiser les probabilités d’admission, les places étant limitées.
  • Dossier scolaire : Le dossier de terminale (bulletins, notes, appréciations) reste le premier critère de sélection. Un excellent niveau scientifique est généralement attendu.
  • Calendrier : L’ouverture des candidatures sur Parcoursup a lieu en janvier, avec des réponses et classements entre mai et juillet. Une veille régulière et une anticipation des pièces à fournir sont nécessaires.

La sélection en première année : un nouveau système sans redoublement facile

Contrairement à la PACES qui permettait un redoublement pour une seconde tentative, la réforme impose des règles strictes concernant la sélection et la poursuite du parcours médecine.

  • Accès en deuxième année : Seuls les meilleurs sont directement admis, selon le classement issu des résultats de la première année (PASS ou L.AS). Les autres peuvent retenter leur chance, mais uniquement depuis une licence disciplinaire et à condition de valider leur première année.
  • Nombre de tentatives : Désormais, pas plus de deux candidatures possibles au total pour intégrer la deuxième année de médecine.
  • Taux de réussite : Sur l’ensemble des candidats, entre 15% et 20% accèdent effectivement à la 2e année de médecine chaque année (Source : Conférence des Doyens de Médecine, 2023).

Le contenu et les exigences : le travail dès la terminale et l’entrée à l’université

Le niveau attendu dès la première année post-bac requiert rigueur, autonomie, et un engagement de travail conséquent. La transition entre le lycée et l’université est marquée par une plus grande indépendance dans l’organisation, et un volume de connaissances à assimiler considérable.

  • Programme chargé : Anatomie, physiologie, biologie, chimie, sciences humaines et sociales… Le contenu de la première année impose un rythme soutenu.
  • Contrôle continu et examens : Les universités proposent généralement un mélange de partiels semestriels et de contrôles continus. L’évaluation porte sur la rapidité d’apprentissage et la capacité à hiérarchiser l’information.
  • Organisation du travail : Des méthodes de gestion du temps et une capacité à résister au stress deviennent rapidement des compétences-clés.

Se préparer : anticiper les difficultés et utiliser les ressources disponibles

L’accès à la formation médicale demeure un défi, même après l’assouplissement par la réforme. De nombreux lycéens choisissent de s’y préparer bien en amont, dès la terminale, voire avant.

  • Stages et immersion : Les stages d’observation en cabinet ou à l’hôpital, proposés en classe de 3e ou de terminale, permettent de renforcer la motivation et la connaissance du métier.
  • Prépabac et stage universitaire : Certaines universités, associations étudiantes et organismes (type Tutorat associatif) proposent des préparations à la première année (“stage de pré-rentrée”, cours en ligne, entraînements aux QCM), particulièrement utiles pour acquérir des méthodes de travail efficaces (Tutorat Associatif National).
  • Orientation et conseils : Les Centres d’Information et d’Orientation (CIO), les sites institutionnels (Onisep, Ministère de la santé) et les salons étudiants (Salon de l’Etudiant) sont des ressources précieuses pour s’informer correctement en amont.

Combien d’étudiants accèdent réellement en deuxième année de médecine ? Chiffres et perspectives

Si la voie vers la médecine reste très convoitée, la sélection demeure épineuse. Chaque année, près de 60 000 candidats postulent sur toute la France, mais seuls 9 500 à 10 500 places sont ouvertes en deuxième année de médecine par le numerus apertus (le nombre de places fixé par les universités, selon les besoins régionaux, source : MESRI).

  • Taux d’accès direct : Environ 1 candidat sur 6 peut intégrer médecine directement après la première tentative, d’où la nécessité de préparer soigneusement son parcours et d’envisager des plans alternatifs.
  • Féminisation : Près de 65% des admis en PASS / L.AS en 2022 étaient des femmes (source : Ministère de l’Enseignement supérieur).
  • Après l’échec : Pour la moitié des étudiants n’obtenant pas de place, une réorientation vers d’autres filières de santé (pharmacie, maïeutique, odontologie) ou des parcours universitaires classiques est fréquente.

Réforme de la PACES : quels enjeux et quel avenir pour les futurs étudiants ?

La fin de la PACES visait à limiter le stress et la massification de la sélection, tout en diversifiant les profils admis en médecine. Cependant, la compétition reste forte, la qualité académique requise toujours aussi élevée, et la capacité à rebondir en cas d’échec essentielle. Les universités adaptent chaque année leurs modalités, et le suivi des étudiants se renforce : tutorat, accompagnement psychologique, ateliers méthodologiques, sont aujourd’hui plus largement disponibles.

Face à la difficulté objective de l’accès aux études médicales, il est conseillé de mûrir son projet en amont, d’approcher des professionnels du secteur, et de diversifier ses choix post-bac. La médecine reste un horizon exigeant mais passionnant pour quiconque s’en donne les moyens, avec la certitude de contribuer, demain, à la qualité du soin en France.

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