Un numerus clausus longtemps trop restrictif
L’instauration d’un numerus clausus en 1971 avait pour but de réguler la profession médicale et d’éviter la surpopulation de médecins. Mais dès les années 1980, le numerus clausus devient si bas qu’il ne permet plus de compenser les départs à la retraite, alors que la population vieillit et a besoin de plus de soins. Ce n’est qu’en 2020 que la suppression du numerus clausus ouvre davantage de places en faculté de médecine. Mais ses effets ne seront tangibles qu'à partir de la fin des années 2020, une formation de médecin demandant au moins 10 ans.
Vieillissement démographique et départs à la retraite massifs
Le vieillissement des médecins amplifie la pénurie. Plus de 40% des médecins généralistes ont plus de 55 ans. Entre 2012 et 2022, on recense près de 20 000 médecins en moins en activité régulière. Or, beaucoup d’entre eux exercent dans les campagnes ou les petites villes, aggravant les difficultés à l’échelle locale.
Déséquilibres géographiques et attractivité des territoires
Certaines régions souffrent d’un déficit d’attractivité auprès des jeunes médecins. Accès limité aux équipements médicaux, absence de possibilités de formation continue, difficultés de vie familiale (scolarisation, emploi du conjoint) rendent certains territoires moins attractifs. Cette inégale répartition n’est pas nouvelle, mais elle n’a cessé de s’accentuer sous l’effet des départs à la retraite non remplacés.
Évolution des pratiques professionnelles
Les nouvelles générations de médecins plébiscitent des modes d’exercice différents : temps partiel, exercice en groupe, refus des astreintes trop lourdes. Cela modifie la disponibilité médicale « effective » pour les patients. Par ailleurs, le poids administratif croissant et la multiplication des tâches non médicales (remplissage de dossiers, relations avec assurances et mutuelles) ajoutent à la lassitude et au découragement.
Spécialités particulièrement touchées
Les difficultés sont accentuées dans certaines disciplines : la psychiatrie, la pédiatrie, la gynécologie ou encore l’ophtalmologie figurent parmi les spécialités où l’accès est le plus complexe. Le manque criant de psychiatres en secteur public est ainsi pointé régulièrement par les Agences régionales de santé (ARS), avec des délais d’attente pouvant dépasser six mois.