L’accès aux études de santé en France repose aujourd’hui sur deux parcours distincts, appelés PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) et LAS (Licence Accès Santé), qui remplacent depuis 2020 la PACES. Ces dispositifs présentent chacun leurs conditions d’admission, modes d’organisation et critères de sélection. Savoir choisir entre PASS et LAS s’avère déterminant pour toute orientation vers les métiers médicaux ou paramédicaux. Voici les points essentiels pour comprendre comment sont structurées ces deux voies et ce qu'elles impliquent pour les étudiants :
  • Le PASS propose une dominante santé accompagnée d’une mineure dans une autre discipline, pour limiter les redoublements et assurer une seconde chance.
  • La LAS repose sur une licence classique (sciences, droit, lettres…) enrichie d’une option "accès santé".
  • Le PASS et la LAS mènent tous deux aux études de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie (MMOPK).
  • L’admission en études de santé s’effectue progressivement par des épreuves écrites, orales et la validation de l’année universitaire.
  • Chaque voie vise à élargir les profils, réduire l’échec et sécuriser les parcours des étudiants.

Origines et objectifs de la réforme des études de santé

L’accumulation de critiques sur l’ancien système, jugé trop sélectif, générateur de stress et de redoublements massifs (60% d’échec en PACES selon le ministère de l’Enseignement supérieur) a conduit le gouvernement à engager une réforme de fond. Les principaux objectifs étaient de :

  • Limiter le phénomène de “bachotage” au détriment des acquis universitaires.
  • Fluidifier les parcours et offrir des voies de reconversion sécurisées.
  • Favoriser la diversité des profils et renforcer l’équité sociale et territoriale.
  • Supprimer le redoublement systématique en première année.
  • Maintenir un haut niveau d’exigence à l’entrée des filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie).

Ces objectifs se traduisent désormais par l’existence de deux parcours d’accès complémentaires, combinant à la fois une spécialisation santé et une ouverture sur d’autres disciplines universitaires.

Le PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) : Principes et organisation

Le PASS constitue l’un des deux nouveaux principaux tremplins pour accéder aux études médicales. Il remplace la PACES, mais avec un esprit sensiblement différent :

  • Organisation : Le PASS est une licence 1 avec une dominante santé (cours dispensés dans les UFR de médecine, pharmacie, odontologie...). Une “mineure” dans une autre discipline (droit, langues, psychologie, mathématiques, etc.) est obligatoire, représentant environ 25% des enseignements.
  • Objectif : Permettre à l’étudiant de s’inscrire dans un double projet : poursuivre en santé ou, en cas d’échec, se réorienter dans la mineure.
  • Modalités d’admission : Le lycée, et tout particulièrement l’orientation sur Parcoursup, joue un rôle déterminant dans la sélection. Une solide base scientifique est recommandée (enseignement de spécialité “Sciences de la vie et de la Terre” ou “Mathématiques” au lycée).

Selon la Conférence des Doyens de Faculté de Médecine, en 2022, environ 60% des étudiants qui intègrent les études de santé sont issus de la voie PASS (enseignementsup-recherche.gouv.fr).

Déroulement de l’année en PASS

  1. Enseignements fondamentaux en santé : biologie, anatomie, physiologie, chimie, pharmacologie, santé publique.
  2. Enseignements transversaux : éthique, systèmes de santé, communication.
  3. Enseignements de la mineure choisie : selon les universités, il peut s’agir de sciences humaines, droit, langues, etc.

Les examens se déroulent généralement en fin de semestre et la sélection n’est plus fondée uniquement sur une note globale mais sur la validation de toutes les unités d’enseignement.

Critères de sélection du PASS

  • Validation de la première année (sans compensation possible entre la majeure santé et la mineure).
  • Classement général sur la base des résultats pour l’accès direct aux filières MMOPK.
  • Épreuves orales pour certains étudiants selon leur rang de classement, visant à évaluer compétences transversales, capacités relationnelles et motivation.

La LAS (Licence Accès Santé) : Autre porte d’accès aux études médicales

La LAS inverse la logique du PASS : il s’agit d’une licence “classique” universitaire (sciences, droit, lettres…) à laquelle s’ajoute une option “accès santé” représentant une part significative de l’enseignement (environ 20 à 30%).

  • Organisation : L’étudiant inscrit en LAS effectue, parallèlement à sa formation principale, des modules de santé conçus par les facultés. Cela permet de candidater aux études de santé à la fin de chaque année de licence (L1, L2 ou L3).
  • Objectif : Offrir une seconde chance réelle, plus progressive, de rejoindre un cursus MMOPK, y compris à des étudiants issus de formations littéraires ou sociales.
  • Souplesse : L’étudiant n’a pas à faire un choix irréversible en entrant à l’université et peut profiter de la pluridisciplinarité de sa licence pour construire son parcours sur-mesure. Certains établissements proposent même la LAS dès la L2.

La réussite à l’option “accès santé” et un bon niveau général dans la licence sont requis pour pouvoir déposer son dossier de candidature et passer, si besoin, des oraux d’admission.

Résumé des différences clés entre PASS et LAS

Pour synthétiser les points de divergence majeurs entre PASS et LAS, le tableau ci-dessous expose les caractéristiques principales de chaque voie :

PASS LAS
Licence 1 “spécifique santé” Licence classique au choix + option santé
Dominante santé + mineure hors santé obligatoire Dominante hors santé + modules santé en option
Candidature possible uniquement à la fin de la première année Candidature possible à la fin de chaque année de licence (jusqu'à L3)
60% des places attribuées en MMOPK (2022) 40% des places attribuées en MMOPK (2022)
Ne peut pas redoubler, mais réorientation possible en licence mineure Poursuite possible dans la licence et candidatures sur plusieurs années

Parcoursup, sélection et quotas : comment sont réparties les places ?

L’inscription en PASS ou LAS passe obligatoirement par la plateforme Parcoursup, qui applique un système de sectorisation, de capacités d’accueil et de quotas. Les universités fixent chaque année le nombre de places selon la capacité d’accueil et les besoins en professionnels de santé, en lien avec les Agences Régionales de Santé. Selon les données officielles (Santé publique France), on dénombrait pour la rentrée 2023 environ 9250 étudiants admis en deuxième année de médecine, répartis selon des proportions proches de 60% (PASS) et 40% (LAS).

Sur le terrain, les profils recrutés tendent à se diversifier, avec une légère progression du nombre d’étudiants issus de filières non scientifiques via la LAS. C’est un pari sur la diversité de recrutement et sur l’adaptation aux besoins futurs de la population.

Quels sont les avantages et limites de chaque voie ?

Les atouts du PASS

  • Structuré pour maximiser ses chances dès la première année pour les étudiants déjà certains de s’orienter vers la santé.
  • Enseignements ciblés sur les matières sanitaires fondamentales, permettant une immersion immédiate.
  • Réelle possibilité de réorientation en licence grâce à la mineure, en cas d’échec à l’admission en santé.

Les points forts de la LAS

  • Flexibilité et pluralité des parcours : on peut postuler aux études de santé en L1, L2 ou L3.
  • Diversification des profils et accès moins restrictif pour les étudiants ayant un projet initial différent.
  • Moins de pression liée au “tout ou rien” de la première année, car la poursuite d’études reste ouverte.

Les limites à connaître

  • Le PASS exige une forte capacité de travail, la sélection reste dure et le redoublement est impossible (réorientation obligatoire en cas d’échec à l’admission au MMOPK).
  • La LAS demande une grande capacité à jongler entre deux cursus différents et à maintenir un très bon niveau dans la majeure disciplinaire comme dans l’option santé.

Le choix entre PASS et LAS doit donc être guidé par le projet personnel, la capacité de travail transdisciplinaire, et la volonté de sécuriser ou non son parcours hors santé.

Se repérer et anticiper : quelques conseils pratiques

  • S’informer directement auprès des universités et consulter les fiches PASS/LAS sur Parcoursup.
  • Échanger avec des étudiants engagés dans ces parcours : forums, réseaux sociaux, journées portes ouvertes sont une mine pour mieux comprendre la réalité des enseignements et des attentes.
  • Ne pas sous-estimer l’importance de son niveau scientifique, même en LAS, car la réussite aux modules “accès santé” repose sur des bases solides en biologie et sciences médicales.
  • Garder à l’esprit que la motivation, l’approche transversale des connaissances et la gestion du stress restent des éléments clés, au-delà des notes pures.

La réforme a permis de casser l’image de l’étudiant en médecine “type”, et désormais le paysage médical français s’enrichit de profils venus de tous horizons. Rester bien informé, réfléchir à la cohérence de son parcours et anticiper ses choix reste plus que jamais essentiel.

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