La sélection et la progression dans les études de médecine en France reposent sur différents examens et classements majeurs, qui rythment le cursus de la première année à l’accès à l’internat. Pour bien cerner cette organisation complexe, il est utile de comprendre les points suivants :
  • La première année, avec la réforme et la coexistence des filières PASS et LAS, marque la première étape sélective et conditionne l’accès aux études médicales.
  • De la deuxième à la sixième année, plusieurs contrôles continus et examens de fin de cycle jalonnent le parcours des étudiants.
  • L’EDN (Examen Dématérialisé National) est devenu l’épreuve centrale du classement des étudiants, remplaçant l’ECN, et détermine en grande partie le choix des spécialités et des villes pour l’internat.
  • L’ECOS (Examens Cliniques Objectifs Structurés) évalue de façon pratique les compétences cliniques et relationnelles.
  • Les classements et résultats de ces examens ont des conséquences directes sur la suite du cursus médical, notamment l’accès à certaines spécialités ou postes d’internat.
La compréhension de ces différentes étapes et de leurs enjeux est essentielle pour tout étudiant, futur médecin, ou simple citoyen s’intéressant au fonctionnement de la formation médicale en France.

Le début du parcours : réussir l’accès aux études médicales

L’entrée en études de médecine a connu ces dernières années une profonde réforme visant à diversifier les profils et à limiter l’échec massif de la première année. Depuis 2020, le numerus clausus a laissé place au numerus apertus, plus souple mais toujours sélectif (Source : Ministère de la Santé, 2023).

PASS et LAS : deux voies pour une même sélection

  • PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) : cursus axé sur les sciences de la santé, avec une « mineure » dans une autre discipline.
  • LAS (Licence avec option Accès Santé) : parcours licence « classique » (sciences, droit, lettres…) avec une option santé.

Dans les deux cas, l’accès à la deuxième année (appelée L2 Médecine) requiert :

  • La validation de l’année universitaire avec des notes supérieures à 10/20
  • La réussite à des examens spécifiques (oraux, écrits, épreuves de connaissances et de compétences)

Selon les chiffres du Ministère de l’Enseignement supérieur (2022), près de 50 000 étudiants se présentent chaque année, mais seules environ 8 500 places sont ouvertes, soit un taux de succès global d’environ 17 %.

Quels sont les types d’épreuves en première année ?

  • QCM (Questions à Choix Multiples) sur biologie, physique, chimie, sciences humaines, etc.
  • Épreuves orales, parfois sous forme de mini-entretiens (MMI), visant à juger le raisonnement, l’éthique ou la capacité à communiquer.

Le classement à l’issue de cette année détermine l’accès en deuxième année de médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme ou permet une réorientation.

Le contrôle continu et l’évaluation tout au long du cursus

Après la première année, les étudiants en médecine poursuivent leur enseignement à l’université et à l’hôpital. La validation des années de DFGSM2 à DFGSM3 (Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales, années 2 et 3) s’effectue sur la base du contrôle continu, de stages hospitaliers et d’examens, souvent sous forme de QCM ou de questions ouvertes.

Les unités d’enseignement sont validées au rythme des semestres. Le contrôle continu prend une part importante et l’étudiant doit, dans plusieurs facultés, acquérir aussi une première expérience clinique auprès des patients.

L’EDN : l’examen pivot du classement national

L’Examen Dématérialisé National (EDN), instauré en 2023, a succédé à l’ancien ECN (Épreuves Classantes Nationales). Il représente le point culminant pour le classement des étudiants en 6e année de médecine.

Fonctionnement de l’EDN

  • Épreuve entièrement numérique, organisée une fois par an au niveau national
  • Repose principalement sur des QCM, mais intégrant aussi des dossiers cliniques progressifs, des cas pratiques, ou des mises en situation
  • Les épreuves portent sur les connaissances médicales fondamentales (120 Questions sur 365 Objectifs Nationaux)
  • Durée totale de l’examen : environ 10 heures réparties sur plusieurs jours

Le score obtenu à l’EDN permet d’établir un classement national, essentiel puisque :

  • Ce classement détermine l’ordre de choix des postes d’internat (spécialité et ville)
  • La compétition est élevée – en 2023, plus de 9 500 étudiants étaient concernés (Source : CNG – Centre National de Gestion)

Quelles sont les matières évaluées ?

  • Médecine générale
  • Spécialités médicales (pédiatrie, psychiatrie, gynécologie, etc.)
  • Chirurgie
  • Gériatrie et santé publique
  • Questions transversales (éthique, communication, gestion des risques)

L’évaluation vise à refléter la réalité du métier de médecin généraliste, selon les connaissances indispensables à l’exercice médical. La conception des sujets est sous la tutelle de la Conférence Nationale des Doyens et du CNG.

Tableau comparatif entre EDN actuel et ancien ECN

Pour mieux visualiser les différences majeures entre ces deux examens, le tableau ci-dessous reprend leurs principales caractéristiques :

Épreuve Période Supports Nature des questions Poids dans le classement
ECN (jusqu'en 2023) 2004-2022 Papier puis informatique QCM, dossiers progressifs 100%
EDN Depuis 2023 Entièrement numérique QCM, cas pratiques, QROC 50% (l’ECOS représente l'autre moitié)

L’ECOS : la nouvelle évaluation des compétences cliniques et relationnelles

L’ECOS (Examen Clinique Objectif Structuré) est désormais l’autre pilier de l’évaluation en fin de 6e année de médecine.

De quoi s’agit-il ?

  • Évaluation pratique sous forme d’ateliers cliniques, face à des « patients simulés » ou de vrais patients
  • Les étudiants doivent mener des consultations brèves (15 minutes en moyenne), analyser des situations, poser des diagnostics, proposer une prise en charge ou expliquer un traitement
  • Un jury composé de médecins observe et note la performance

L’ECOS (source : CNG) a pour objectif de vérifier non seulement les connaissances mais aussi la capacité du futur médecin à s’adresser à un patient, à prendre une décision rapide, à faire preuve d’humanité et d’esprit critique.

EDN et ECOS sont désormais complémentaires, chacun comptant pour 50 % du classement national pour le choix des postes de l’internat.

Le classement national : enjeux et conséquences pour la carrière

Le rang obtenu après aggregation des résultats EDN et ECOS conditionne directement la possibilité de choisir la spécialité (généraliste, chirurgien, gynécologue, etc.) et la ville où l’étudiant va réaliser son internat, souvent pour une durée de 3 à 5 ans.

Environ 9 500 places d’internat sont proposées chaque année (selon le CNG), pour près de 9 600 étudiants classés. Les 10 % les mieux classés peuvent espérer accéder plus facilement aux spécialités prisées comme la dermatologie, l’ophtalmologie ou la chirurgie plastique, ainsi qu’aux grandes agglomérations.

Un classement plus bas peut mener soit à une spécialité moins « populaire » – souvent la médecine générale – soit à un changement de ville imposé. Il est important de noter que :

  • Le classement est anonyme et unique à l’échelle nationale via la plateforme SIDES NG
  • Les étudiants accèdent au choix de leur poste, selon leur rang, lors d’une « procédure de choix » informatisée publique

Enfin, le classement sert parfois pour des poursuites d’études (thèses, diplômes de recherche) ou des projets professionnels à l’étranger.

Des notes aux classements : quelques chiffres-clés

Voici quelques repères chiffrés récents (sources : CNG, Ministère de la Santé 2023) :

  • Score EDN médian pour les étudiants admis à l’internat en 2023 : 58,9/100
  • Score ECOS médian : 14,2/20
  • Difficulté d’accès en anesthésie-réanimation ou dermatologie : en 2023, tous les postes ont été pris avant le rang 1 000
  • Proportion d’étudiants obtenant l’une de leurs 5 spécialités préférées : 41 % en 2023

Ce qu’il faut retenir sur les examens et classements en médecine

La formation des médecins français s’appuie sur plusieurs épreuves décisives : la sélection en première année, le contrôle continu et la validation des années, puis l’EDN et l’ECOS en fin de cursus. L’importance du classement national reste considérable, car il conditionne la spécialité et la région d’internat. La récente mutation du système vers des évaluations plus pratiques reflète la volonté de mettre au cœur du métier de médecin non seulement le savoir, mais aussi le savoir-être et les compétences relationnelles. Ces évolutions ancrent la formation médicale dans une logique d’excellence et de responsabilité, au service de la santé publique.

Pour davantage d’informations chiffrées ou de détails sur les modalités précises de chaque épreuve, il est possible de consulter les sites institutionnels, notamment le Centre National de Gestion ou la Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

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