La sélection et la progression dans les études de médecine en France reposent sur différents examens et classements majeurs, qui rythment le cursus de la première année à l’accès à l’internat. Pour bien cerner cette organisation complexe, il est utile de comprendre les points suivants : La compréhension de ces différentes étapes et de leurs enjeux est essentielle pour tout étudiant, futur médecin, ou simple citoyen s’intéressant au fonctionnement de la formation médicale en France.

Le début du parcours : réussir l’accès aux études médicales

L’entrée en études de médecine a connu ces dernières années une profonde réforme visant à diversifier les profils et à limiter l’échec massif de la première année. Depuis 2020, le numerus clausus a laissé place au numerus apertus, plus souple mais toujours sélectif (Source : Ministère de la Santé, 2023).

PASS et LAS : deux voies pour une même sélection

Dans les deux cas, l’accès à la deuxième année (appelée L2 Médecine) requiert :

Selon les chiffres du Ministère de l’Enseignement supérieur (2022), près de 50 000 étudiants se présentent chaque année, mais seules environ 8 500 places sont ouvertes, soit un taux de succès global d’environ 17 %.

Quels sont les types d’épreuves en première année ?

Le classement à l’issue de cette année détermine l’accès en deuxième année de médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme ou permet une réorientation.

Le contrôle continu et l’évaluation tout au long du cursus

Après la première année, les étudiants en médecine poursuivent leur enseignement à l’université et à l’hôpital. La validation des années de DFGSM2 à DFGSM3 (Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales, années 2 et 3) s’effectue sur la base du contrôle continu, de stages hospitaliers et d’examens, souvent sous forme de QCM ou de questions ouvertes.

Les unités d’enseignement sont validées au rythme des semestres. Le contrôle continu prend une part importante et l’étudiant doit, dans plusieurs facultés, acquérir aussi une première expérience clinique auprès des patients.

L’EDN : l’examen pivot du classement national

L’Examen Dématérialisé National (EDN), instauré en 2023, a succédé à l’ancien ECN (Épreuves Classantes Nationales). Il représente le point culminant pour le classement des étudiants en 6e année de médecine.

Fonctionnement de l’EDN

Le score obtenu à l’EDN permet d’établir un classement national, essentiel puisque :

Quelles sont les matières évaluées ?

L’évaluation vise à refléter la réalité du métier de médecin généraliste, selon les connaissances indispensables à l’exercice médical. La conception des sujets est sous la tutelle de la Conférence Nationale des Doyens et du CNG.

Tableau comparatif entre EDN actuel et ancien ECN

Pour mieux visualiser les différences majeures entre ces deux examens, le tableau ci-dessous reprend leurs principales caractéristiques :

Épreuve Période Supports Nature des questions Poids dans le classement
ECN (jusqu'en 2023) 2004-2022 Papier puis informatique QCM, dossiers progressifs 100%
EDN Depuis 2023 Entièrement numérique QCM, cas pratiques, QROC 50% (l’ECOS représente l'autre moitié)

L’ECOS : la nouvelle évaluation des compétences cliniques et relationnelles

L’ECOS (Examen Clinique Objectif Structuré) est désormais l’autre pilier de l’évaluation en fin de 6e année de médecine.

De quoi s’agit-il ?

L’ECOS (source : CNG) a pour objectif de vérifier non seulement les connaissances mais aussi la capacité du futur médecin à s’adresser à un patient, à prendre une décision rapide, à faire preuve d’humanité et d’esprit critique.

EDN et ECOS sont désormais complémentaires, chacun comptant pour 50 % du classement national pour le choix des postes de l’internat.

Le classement national : enjeux et conséquences pour la carrière

Le rang obtenu après aggregation des résultats EDN et ECOS conditionne directement la possibilité de choisir la spécialité (généraliste, chirurgien, gynécologue, etc.) et la ville où l’étudiant va réaliser son internat, souvent pour une durée de 3 à 5 ans.

Environ 9 500 places d’internat sont proposées chaque année (selon le CNG), pour près de 9 600 étudiants classés. Les 10 % les mieux classés peuvent espérer accéder plus facilement aux spécialités prisées comme la dermatologie, l’ophtalmologie ou la chirurgie plastique, ainsi qu’aux grandes agglomérations.

Un classement plus bas peut mener soit à une spécialité moins « populaire » – souvent la médecine générale – soit à un changement de ville imposé. Il est important de noter que :

Enfin, le classement sert parfois pour des poursuites d’études (thèses, diplômes de recherche) ou des projets professionnels à l’étranger.

Des notes aux classements : quelques chiffres-clés

Voici quelques repères chiffrés récents (sources : CNG, Ministère de la Santé 2023) :

Ce qu’il faut retenir sur les examens et classements en médecine

La formation des médecins français s’appuie sur plusieurs épreuves décisives : la sélection en première année, le contrôle continu et la validation des années, puis l’EDN et l’ECOS en fin de cursus. L’importance du classement national reste considérable, car il conditionne la spécialité et la région d’internat. La récente mutation du système vers des évaluations plus pratiques reflète la volonté de mettre au cœur du métier de médecin non seulement le savoir, mais aussi le savoir-être et les compétences relationnelles. Ces évolutions ancrent la formation médicale dans une logique d’excellence et de responsabilité, au service de la santé publique.

Pour davantage d’informations chiffrées ou de détails sur les modalités précises de chaque épreuve, il est possible de consulter les sites institutionnels, notamment le Centre National de Gestion ou la Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

En savoir plus à ce sujet :