Le parcours des études de médecine en France constitue l’une des formations les plus longues et exigeantes du système éducatif. Voici une présentation synthétique pour saisir les éléments majeurs du sujet :
  • Accès à partir de deux principales voies : PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) et L.AS (Licences Accès Santé)
  • Cycle comprenant trois grandes étapes : formation générale, approfondissement, puis internat spécialisé
  • Durée minimale d’études de 9 ans (généraliste) à 12 ans (spécialistes comme chirurgiens ou psychiatres)
  • Sélection progressive à chaque étape, avec un fort taux d’échec initial puis une spécialisation croissante
  • Réformes récentes supprimant le numerus clausus au profit d’un nouveau mode d’admission
  • Environ 8 500 nouveaux étudiants admis en deuxième année chaque année, pour 223 000 médecins en exercice en France (données Drees 2023)

Accès aux études médicales : PASS, L.AS et fin du numerus clausus

Jusqu’à 2020, la Première Année Commune aux Études de Santé (PACES) et le numerus clausus déterminaient l’accès à la suite du cursus médical. Cette première année, véritable "goulet d’étranglement", était notoire pour son taux d’échec élevé : seulement 15 à 20 % des inscrits décrochaient leur entrée en deuxième année.

Depuis la rentrée 2020, sous l’effet de la réforme "Ma santé 2022", deux nouvelles voies d’accès remplacent la PACES :

  • PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) : principal accès, avec dominante santé et une seconde discipline en option dès la première année.
  • L.AS (Licences Accès Santé) : licence dans une autre discipline (droit, sciences, etc.) avec une option "santé".

Le numerus clausus – quota national fixe – a laissé place à un numerus apertus : ce sont désormais les universités, en concertation avec les Agences Régionales de Santé (ARS), qui définissent chaque année le nombre d’admissions en médecine, sur la base des besoins locaux de santé. En 2023, près de 8 500 places étaient ouvertes pour passer en deuxième année de médecine (source : études-sup.sante.gouv.fr).

Organisation générale des études médicales

Le cursus de médecine en France est structuré en trois cycles majeurs :

  1. Premier cycle : 3 ans
  2. Deuxième cycle (DFASM) : 3 ans
  3. Troisième cycle (internat) : 3 à 6 ans selon la spécialité

La durée minimale requise pour devenir médecin généraliste est donc de 9 ans après le bac. Elle atteint 10 à 12 ans, voire plus, pour les spécialités médicales ou chirurgicales. Il faut y ajouter le temps nécessaire à d’éventuelles années de recherche (médecin-chercheur, doctorat en sciences).

Premier cycle : apprentissages fondamentaux

Après validation de la 1e année (via PASS ou L.AS), l’étudiant poursuit en deuxième puis troisième année. Ce cycle vise l’acquisition des connaissances de base en sciences médicales (anatomie, physiologie, biologie…). Les enseignements sont universitaires, mais des stages hospitaliers courts démarrent dès la deuxième année. À l’issue de la troisième année, les étudiants obtiennent le Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales (DFGSM).

Deuxième cycle : approfondissement et stages hospitaliers

Correspondant aux 4e, 5e et 6e années, ce cycle est consacré à l’apprentissage clinique : sémiologie, exploration des pathologies, introduit à la pratique médicale concrète par des stages d’externat dans différents services hospitaliers et en médecine de ville. La validation de ce cycle est sanctionnée par le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales (DFASM).

Le concours de l’internat (Examen Classant National - ECN)

En fin de sixième année, les étudiants passent l’Examen Classant National informatisé (ECN). Contrairement à un concours traditionnel, il ne s’agit pas d’une sélection “admissible/non admissible” mais d’un classement qui détermine :

  • La spécialité accessible selon la position obtenue
  • Le choix de la ville et du CHU d’affectation pour l’internat

Environ 8 800 places étaient proposées en 2023 pour les ECN (source : ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur).

Le troisième cycle : l’internat

L’internat constitue la dernière grande étape de la formation médicale. Sa durée, variable, dépend de la spécialité choisie :

  • Médecine générale : 3 ans
  • Spécialités médicales (cardiologie, pédiatrie, psychiatrie, etc.) : 4 à 6 ans
  • Spécialités chirurgicales : 5 ou 6 ans

L’internat alterne stages dans des services spécialisés et gardes, sous la supervision de praticiens confirmés. L’interne a un statut salarial, avec des obligations de service et des responsabilités croissantes.

À l’issue de cette période, le futur médecin soutient une thèse d’exercice qui lui permet d’obtenir le titre de docteur en médecine. Il prête alors le serment d’Hippocrate.

Spécialisation et diplômes complémentaires

En parallèle du cursus principal, l’étudiant peut opter pour des diplômes complémentaires (DES, DU, DIU) dans des domaines spécifiques : addictologie, infertilité, expertise judiciaire, etc. Certains choisissent d’ajouter une activité de recherche (doctorat universitaire), voire un engagement en santé publique.

Zoom sur les chiffres clés des études médicales

La filière médecine est très convoitée mais sélective :

  • Plus de 62 000 inscrits chaque année en PASS, pour 8 500 places ouvertes en médecine (source : ministère de la Santé, 2023)
  • Environ 1 étudiant sur 8 accède à la deuxième année
  • Près de 223 000 médecins en activité en France en 2023 (source : Drees, 2023), dont un tiers de généralistes
  • Âge moyen du médecin en exercice : 51 ans
  • En 2021, la médecine générale était la spécialité la plus demandée, devant la psychiatrie puis la pédiatrie (source : Conseil National de l’Ordre des Médecins)

La réalité du quotidien étudiant

Le parcours médical exige un investissement personnel considérable : rythme soutenu, volume horaire élevé (plus de 60 heures/semaine à l’internat), examens fréquents, alternance de cours et de stages, pression psychologique importante. Les associations étudiantes, comme l’ANEMF (Association Nationale des Étudiants en Médecine de France), jouent un rôle essentiel d’accompagnement, d’écoute et de veille sur la qualité de vie des étudiants.

Réformes récentes et perspectives d’évolution

La suppression du numerus clausus, la réforme de l’accès en deuxième année, l’évolution des ECN, et l’adaptation des stages à la réalité territoriale traduisent la volonté des pouvoirs publics de flexibiliser la formation, de lutter contre les déserts médicaux et d’ouvrir la filière à davantage de profils (réorientation, liens avec les sciences sociales, etc.).

Parallèlement, la prise en compte de l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, la valorisation de l'engagement dans la recherche, et l’internationalisation des cursus sont aujourd’hui des enjeux forts.

Pour aller plus loin

Le parcours des études de médecine reste une aventure exigeante, structurante, unique : il offre la possibilité de s’engager au cœur de la société, au service de la santé publique, avec des choix de carrière variés et des responsabilités croissantes. Comprendre sa structure et ses enjeux est essentiel pour tout futur étudiant ou observateur du système de santé.

En savoir plus à ce sujet :