Femmes médecins en France : comment la profession se transforme
La médecine française a longtemps été un domaine essentiellement masculin. Pourtant, depuis quelques décennies, la part des femmes dans la profession ne cesse de croître. Ce...
Toute l’actualité des généralistes et spécialistes près de chez vous
La démographie des médecins généralistes en France fait l’objet d’une attention croissante, tant de la part des pouvoirs publics que des patients. Alors que la raréfaction de ces professionnels sur certains territoires est souvent mise en avant, il existe pourtant des dynamiques régionales contrastées. Certaines régions se démarquent par une croissance notable de leur effectif de médecins généralistes. Repérer ces territoires dynamiques aide à mieux comprendre les facteurs d’attractivité et à anticiper les évolutions du système de soins.
Ce classement se base sur les données récentes de la DREES (Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques, drees.solidarites-sante.gouv.fr) et de l’Ordre national des médecins (conseil-national.medecin.fr), en considérant l’évolution du nombre de médecins généralistes en activité régulière entre 2017 et 2023.
Le top 10 présenté ici s’appuie sur la variation en pourcentage du nombre de médecins généralistes par région sur les six dernières années. Le choix du pourcentage (et non du nombre brut) permet de rendre compte des véritables dynamiques, en tenant compte du poids démographique très variable d’une région à l’autre.
Ci-dessous, un tableau récapitulatif synthétise les dynamiques régionales les plus marquées. Les chiffres révèlent parfois de vraies surprises, car certaines zones traditionnellement considérées comme “désert médical” montrent une reprise, tandis que d’autres, plus urbanisées, connaissent une stagnation.
| Rang | Région | Evolution (% 2017-2023) | Nombre de MG 2023 | Densité (MG / 100 000 hab.) | Fait marquant |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Corse | +7,9 % | 565 | 168 | Arrivées de jeunes praticiens liées à des incitations |
| 2 | Occitanie | +6,2 % | 8 924 | 148 | Développement des maisons de santé pluridisciplinaires |
| 3 | Nouvelle-Aquitaine | +5,5 % | 8 739 | 141 | Programmes d’aide à l’installation rurale |
| 4 | Centre-Val de Loire | +4,8 % | 3 076 | 137 | Effet “zone sous-dotée” et aides locales renforcées |
| 5 | Provence-Alpes-Côte d’Azur | +3,8 % | 6 117 | 143 | Retour d’intérêt pour la qualité de vie et climat |
| 6 | Hauts-de-France | +3,2 % | 7 110 | 126 | Activité soutenue des centres de santé urbains |
| 7 | Normandie | +3,0 % | 3 246 | 144 | Impact de la coopération intercommunale |
| 8 | Bretagne | +2,6 % | 3 320 | 134 | Accompagnement à la reprise de cabinets de retraités |
| 9 | Bourgogne-Franche-Comté | +2,4 % | 2 795 | 142 | Fusion régionale et réorganisation territoriale |
| 10 | Grand Est | +2,1 % | 6 212 | 139 | Mobilité franco-allemande et programmes transfrontaliers |
Source : Données DREES 2024, Conseil national de l’Ordre des médecins, Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM)
Dans des régions comme la Corse ou le Centre-Val de Loire, les dispositifs incitatifs jouent un rôle majeur. La multiplication des “primes d’installation”, exonérations fiscales et aides à la reprise de cabinets, parfois supérieures à 50 000 € cumulés, a convaincu de nombreux jeunes généralistes de débuter leur activité dans ces territoires.
L’essor des maisons de santé pluridisciplinaires est un moteur important, surtout en Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, et en Normandie. Ces structures attirent les médecins cherchant un exercice collectif et plus de souplesse organisationnelle. Couplées à des dispositifs de tutorat pour les jeunes médecins, elles réduisent l’isolement professionnel et favorisent l’installation durable.
Certaines régions, longtemps associées à des difficultés de recrutement, misent désormais sur leur qualité de vie : climat, nature, coût de la vie. Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bretagne ou Nouvelle-Aquitaine profitent de cette “revanche des territoires” avec l’installation de praticiens en quête d’un équilibre vie pro-vie perso plus favorable.
Il serait trompeur de croire que la croissance bénéficie également à toutes les zones à l’intérieur d’une même région. Par exemple, en Occitanie, le dynamisme est surtout perceptible dans le Tarn-et-Garonne et l’Ariège, moins dans l’Hérault ou Toulouse où la concurrence entre praticiens reste forte. La Nouvelle-Aquitaine voit aussi des contrastes : Dordogne dynamisée, mais Charente-Maritime plus stable.
La progression du nombre de médecins généralistes est un signal encourageant pour les territoires concernés. Elle se traduit souvent par une amélioration de l’accès aux soins, une diminution des délais de rendez-vous, et un renforcement du lien ville-hôpital, car les nouveaux praticiens participent fréquemment à la régulation des urgences et au suivi des maladies chroniques.
Cependant, cette croissance ne résout pas totalement la question des “déserts médicaux” à l’échelle des petites villes ou des villages plus isolés, où la répartition demeure très inégale. D’où l’importance de suivre ces évolutions sur la durée et au plus près du terrain.
Les tendances relevées aujourd’hui mettent en lumière la capacité d’adaptation du système de santé français et la force d’innovation des territoires, qui expérimentent des solutions inédites. Suivre de près les chiffres régionaux et les initiatives locales reste essentiel pour anticiper les mutations à venir et garantir l’accès de tous à un soin de qualité.
© medecin-info.fr. À propos